Gautier
Deblonde
Arctic - Svalbard, 2003-2006
Gautier Deblonde est
né à Rouen, et s’est installé à
Londres en tant que photographe, en 1991. Une série de ses
portraits d’artistes a été publiée par
La Tate Gallery en 1999. Il a travaillé avec le sculpteur Australien
Ron Mueck (exposé a la Fondation Cartier en 2005) lors de la
fabrication de “Boy”. Cette série d’images
a été publiée par Anthony d’Offay Gallery
lors de la Biennale de Venise, et a gagné le 1er prix “histoire
section art” au World Press 2001. En 2002 il a collaboré
avec la réalisatrice Ecossaise Lynne Ramsay sur le film “Morvern
Callar” et a publié un livre du même titre (Screenpress
2002).
Ses images ont été exposées à la National
Portrait Gallery, Tate Britain, Tom Blau Gallery, La Chambre Claire.
En tant que portraitiste, son travail est publié dans la presse
internationale.
Il finit actuellement deux projets de livres sur l’Arctique
et les ateliers d’artistes. Il vit maintenant entre Londres
et Lille.
Svalbard, 2003-2006
L’archipel a été découvert en juillet 1596
par l’explorateur hollandais William Barents qui recherchait
une route du nord pour la Chine. Il pensait que ces îles appartenaient
au Groenland et les baptisa Spitsbergen (les montagnes à la
pointe aiguisée). Le nom actuel de Spitsbergen (du moins depuis
que les norvégiens ont acquis la souveraineté de l’île
en 1925) est Svalbard (la côte froide).
C’est grâce à une commande que j’ai effectué
mon premier voyage dans ces îles, il y a 3 ans. Je connaissais
à peine leur nom et j’aurais certainement eu du mal à
placer cet archipel sur la carte, à 800 km du pôle Nord…
Ma surprise fut de taille lorsque je me suis trouvé pour la
première fois devant ces paysages. Voyager dans d’autres
continents est évidemment dépaysant. Mais se retrouver
à Svalbard, c’est changer d’univers.
Nous perdons rapidement toute notion de lieu et de temps, il fait
continuellement jour pendant 6 mois de l’année et la
nuit est totale pendant 4 mois, au point qu’il devient difficile
de définir le jour et l’heure qu’il est.
La lumière est certainement ce qui fait l’identité
de Svalbard. Elle peut briller et éclairer avec une extrême
netteté, mais très vite, elle peut devenir diffuse,
douce, indécise, sombre. Elle joue avec ces paysages monochromes,
et offre une palette de couleurs restreinte, mais si riche.
D’une photographie à l’autre, la lumière
change et accentue l’impression que tout est toujours à
recommencer.
C’est un appel aussi.
Et si ce premier voyage m’a fait découvrir un monde que
je ne pouvais soupçonner, il me fallait y retourner. Je l’ai
fait 5 fois en 3 ans.
C’est là que j’ai rencontré différentes
communautés, comme à Barenstburg, village minier Russe
existant depuis 1932, le dernier en Arctique. A son apogée
plus de 1500 habitants y vivaient. Depuis, une certaine mélancolie
s’est emparée du village, et lors de mon passage en mars
2005, ils n’étaient plus que 600. Cet été,
faute de charbon à extraire, le nombre d’habitants était
encore divisé par deux. La seule école a été
fermée. Barenstburg vit ses derniers jours.
En octobre 2006, Ny-Alesund fut ma nouvelle destination. Ancien village
minier, il est devenu maintenant une référence dans
le monde des sciences: 30 scientifiques en hiver et jusqu’à
100 en été y vivent. Ils sont tous là pour calculer,
mesurer les changements climatiques et atmosphériques, étudier
la faune, la flore et la vie marine. Les résultats ne sont
pas toujours bons…
A l’image de Barenstburg, Svalbard vit peut être ses derniers
jours. Ces terres si dures et si fragiles à la fois, sont victimes
du réchauffement climatique: elles changent inexorablement.
L’essayiste américaine Gretel Ehrlich les appelles “The
Vanishing Landscapes”, les paysages qui disparaissent.
Exhibition place :
Polska 30 (ul. Polska 30, Gdynia) 20 sierpnia
– 20 wrzesnia; sr – nd 11 – 19
wernisaz 19 sierpnia g. 17.00