Grégoire
Eloy
Wizowa
Nostalgie, traces de
l’histoire et fragments de mémoire collective dans les
ex-républiques de l’Union Soviétique.
Depuis trois ans Grégoire Eloy poursuit une recherche photographique
autour du thème des traces de l’histoire et de la mémoire
collective dans les territoires oubliés d’Europe de l’Est
et dans les ex-républiques de l’Union Soviétique.
Suite à un premier voyage et une première série
sur les nouveaux contours de l’Europe en 2003 qui fut primée
par la Bourse du Talent Reportage (Photographie.com, Kodak, Picto
et Prophot) en Avril 2004, il a décidé d’élargir
ce projet autour du thème de la mémoire et des traces
de l’histoire dans cette région (Kaliningrad et Roumanie
2004, Ukraine 2005, Azerbaïdjan et Arménie 2006).
Traces de l’histoire et nostalgie
soviétique
Avec l’intégration du bloc de l’Est dans l’Union
Européenne, l’Europe renoue avec son histoire et sa mémoire.
Histoire de conflits, de déplacements de population, de persécutions
des régimes totalitaires.
La question de l’ouverture vers l’Est et le renouement
avec notre histoire devient évidente avec la chute de l’Union
Soviétique et l’indépendance retrouvée
(ou nouvelle) de plusieurs républiques satellite de l’empire
soviétique : les pays Baltes, l’Ukraine, la Géorgie,
l’Azerbaïdjan, l’Arménie, etc. D’autres
pays vont s’affranchir de leurs liens avec la Russie et prennent
définitivement la voie de la démocratie comme la Pologne,
la Roumanie, malgré une génération d’Apparatchiks
encore au pouvoir sous d’autres formations politiques et une
corruption rampante.
Seulement, les stigmates du passé sont encore trop visibles
dans cette partie de l’Europe, sur les places des villages où
trônent encore des statues de Lénine, dans les lieux
de mémoire trop nombreux, dans les paysages chargés
de mélancolie, dans les mentalités. Dans la plupart
de ces nouveaux territoires européens, le temps semble s’être
figé et les populations coincées dans un no man’s
land temporel.
La récente remise en question de la révolution orange
en Ukraine et la déstabilisation du gouvernement Yushtchenko
montre à quel point la transition vers l’ouest est difficile
pour ces pays, malgré la volonté politique et les projets
d’une Europe unie. Dans le cœur des populations, le doute
subsiste. La nostalgie du communisme et de l’Union Soviétique
y est encore forte. Elle est palpable dès que l’on sort
des grandes villes, que l’on découvre les conditions
de vie précaires du monde rural ou ouvrier.
Peu de régimes politiques comme ceux de Staline auront eu un
impact aussi fort et dévastateur sur autant de populations,
sur les frontières d’autant de pays. L’anomalie
de l’enclave de Kaliningrad au milieu de l’Europe, l’attachement
à la langue russe dans les pays baltes, la myriade de conflits
larvés ou ouverts dans les républiques du Caucase sont
autant d’illustrations aujourd’hui de cet héritage
politique difficile à assumer. Les populations de l’ex-URSS
semblent partagées entre leur nostalgie d’un passé
révolu et une volonté de changement et de modernité.
Né à Cannes en 1971, photographe autodidacte depuis
1994 (s’est perfectionné comme assistant à Klavdij
Sluban et Stanley Greene). Il a décidé de quitter son
poste en entreprise en Septembre 2003 pour se consacrer entièrement
à la photographie.
Lauréat de la Bourse du Talent du Talent Reportage en 2004.
A intégré le collectif LUCE en 2007.
A l'issue de son dernier voyage en août, il a réalisé
"Hotel Georgia" sujet en couleur où il témoigne
de la détresse des 250 000 réfugiés d'Abkhazie
et d'Ossétie qui résident depuis la fin des conflits
en 1993-94 dans des hôtels abandonnés, un peu partout
à travers la Géorgie. Ils vivent dans le désœuvrement
le plus total.
Lieu d'exposition :
Polska 30 (ul. Polska 30, Gdynia)
20 août – 20 septembre; mercredi – dimanche, 11h
– 19h
Vernissage le 19 août, 17.00