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Cela fait plus d’un siècle déjà que photographie et cinéma font bon ménage. La filiation technique est évidente. La filiation esthétique ne l’est pas moins, à l’orée des premiers grands cinéastes Lumière et Méliès qui ont tous deux exploré un aspect de la photographie : l’exigence documentaire des vues fixes et la possibilité de modifier la réalité par le trucage optique ou chimique. Plus tôt, Eadweard Muybridge ou encore Étienne-Jules Marey jetaient les bases du mouvement cinématographique en capturant par images fixes une démarche ou une course continue, grâce à un procédé scientifique justement nommé par le second « chronophotographie ». Nul doute que le cinéma est né, techniquement et esthétiquement, de la photographie.

Plus tard, la photographie se met au service du film et demeure encore aujourd’hui comme étant son principal support de promotion. Les photographes de plateau s’invitent en coulisses pour rendre compte de l’effervescence d’un tournage. Moins pour en dissiper les mystères que les renforcer. Les portraits d’acteurs sont légion dans la presse, toujours plus nombreux, et l’on ne cesse de traquer dans le portrait d’un cinéaste l’étincelle de son génie, comme on le faisait au dix-neuvième siècle avec les écrivains. À l’heure où se pose la question du passage au « tout vidéo », chacun s’accorde à penser que seule la photographie sait préserver l’aura et le mystère d’un visage de cinéma. Aussi peut-on dire que le cinéma rêve de photographie, autant que la photographie rêve de cinéma.
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Cette édition de Transfotografia s’attache à redonner son ampleur à cette question des rapports entre photo et cinéma, que ce soit avec un aperçu des moments incontournables de l’histoire du cinéma, ou en offrant à la jeune création contemporaine la liberté de l’interpréter à sa manière.
Il y a mille façons d’envisager ces relations entre photographie et cinéma. Nous avons choisi de développer cinq approches particulières, les plus fécondes à nos yeux.

Il s’agit d’abord de comprendre le regard que la photographie jette sur les films et leur fabrication, à travers les images de Françoise Huguier sur le tournage de « Trouble Every Day » de Claire Denis,  de Piotr Bujnowicz, entre portraits d’acteurs, de réalisateurs et de scènes issues du film, ou encore de Marcin Przybylko autour d’une série télévisée mythique.

Parallèlement à cela nous proposons d’explorer les « Portraits de stars », ou comment la photo a construit et accompagné la carrière d’acteurs avec les travaux de Peter Lindbergh, Walter Carone ou encore les clichés récents de Michel Johner, Denis Rouvre et Patrick Swirc.
Bien sûr, la photographie ne se limite pas à accompagner la fabrication ou la sortie d’un film ; plus profondément, elle a aussi cherché à appliquer l’esthétique cinématographique à la technique photographique. Le festival donne ainsi la parole à ces photographes qui mettent en scène leurs images, avec des personnages, des décors « comme au cinéma » : c’est le choix qu’ont fait Cédric Delsaux, qui revisite nos univers familiers à la manière de Star Wars, Patrycja Orzechowska au travers d’images directement inspirés de célèbres films romantiques, ou les mises en scènes de western polonais par le collectif Grupa Domino.

En quatrième approche nous nous intéressons à ceux qui conçoivent, au-delà d’une image célibataire, un principe de continuité entre plusieurs clichés sur le modèle de la séquence, dont le roman-photo privilégierait la dimension narrative, et le flip-book la dimension mécanique. C’est sur ce point que se concentrent les photogrammes de Peter Knapp, l’installation vidéo de Véronique Zussau projetant sur un disque de plexiglas des centaines d’images de l’Alice des studios Disney ou à l’inverse la vidéo d’Andreas M. Kaufmann qui étire jusqu’à l’infini une scène de baiser dans laquelle le spectateur se trouve plongé.
Nos quatre premiers axes de réflexion montrent tous comment, d’une manière ou d’une autre, la photographie a su intégrer les rouages du cinéma : reprendre à son compte ses corps, ses lieux, sa structure ; s’y associer pour véhiculer les mêmes messages ; ou bien l’examiner avec toute la puissance critique qu’on reconnaît à la photographie.

Mais le cinéma n’a pas que cela à offrir : en tant qu’art documentaire, la photographie a aussi observé les traces laissées par le cinéma sur les territoires ou dans les yeux des spectateurs. Il nous a ainsi paru essentiel de montrer comment la photographie a enregistré l’irruption du cinéma dans la société et dans les villes, sujet du passionnant travail de Stephan Zaubitzer autour de Cuba, ou, comme une vision inversée, les écrans vides de salles parisiennes photographiés par Bettina Grossenbacher.   
Il appartient désormais à chacun d’entrer comme bon lui semble et avec sa propre sensibilité dans la richesse du programme de cette édition 2008 à travers une vingtaine d’expositions réparties dans les lieux culturels, les bars, les espaces de patrimoine des villes de Gdansk, Gdynia et Sopot, ainsi qu’au sein de l’espace public, directement à la rencontre du spectateur. 
Je termine cette longue liste avec les remerciements à tous les partenaires, de Zbigniew Maksymiuk de Saur Neptun Gdansk, aux Maires des trois villes, Pawel Adamowicz, Wojciech Szczurek, et Jacek Karnowski, et à Waldemar Dunajewski, Président d’Elektrocieplownia Wybrzeze qui nous ont accordé leur patronage.
Remerciement également à  Pro Helvetia pour le soutien apporté à la réalisation des expositions des artistes suisses.
Sans oublier le centre d’Art Contemporain Laznia de Gdansk, sa directrice Jadwiga Charzynska et toute son équipe, Kombinat Artystyczny, la presse tant nationale que régionale ou spécialisée, la direction du Molo à Sopot.
Et tous les acteurs, qui tous ensemble aident Transfotografia à grandir, et contribuent à créer ce bel événement culturel au nord de la Pologne.

Olivier SPILLEBOUT
Directeur du festival

 

Remerciements

Remerciement particulier aux personnes qui on fait exister le festival 2008 :

Pawel Adamowicz, Maire de Gdansk
Wojciech Szczurek, Maire de Gdynia
Jacek Karnowski, Maire de Sopot
Mme Anna Czekanowicz, pour la Ville de Gdansk
Mr Zbigniew Maksymiuk, President de Saur Neptune Gdansk
Mr Waldemar Dunajewski, President de ECW - Gdansk
Mme Bénédict de Cerjat, Ambassadrice de Suisse

et a tout les responsables culturels, politiques et economiques, aux artistes
ainsi qu'à l'equipe du festival (Małgorzata Taraszkiewicz-Zwolicka, Malwina Kreft, Marta Eloy-Cichocka, Laure Cluzel, Arnaud Boisson, Nicolas Croissant, Yéléna Tomavo, Paweł, Tomek, Anna, Marion, Justin, Pauline et Emmanuelle), qui ont aider à la réalisation de notre projet 2008.

 
 
 

 

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