EDITO



Mesdames et Messieurs,

J’ai un grand plaisir et en même temps je suis très fier d’accueillir pour la 5ème fois à Gdańsk le Festival International de Photographie, Transfotografia, avec des artistes du monde entier, de cultures et de milieux sociaux différents, qui proposent un point de vue créatif sur le sujet. Le thème principal de notre Festival cette année « Une seconde nature », constitue non seulement une vision artistique illimitée, sur l’écologie par exemple, tellement populaire dans le monde entier, mais également sur la place de l’artiste et de ses oeuvres dans la société. Ceci est un phénomène auquel notre ville s’identifie entièrement. Gdańsk, la ville de la liberté et de la solidarité, après vingt ans d’autogestion, se transforme intensivement en tendant vers une image véritablement européenne. De nombreux investissements, notamment dans les infrastructures et la vie culturelle, ainsi que l’excitation croissante de l’annonce prochaine des résultats de la compétition pour le titre de « Capitale européenne de la culture 2016 », constituent des vraies chances pour présenter Gdańsk comme un lieu de plus en plus ouvert à l’Art, à des idées intéressantes et à de nouvelles solutions.

Comme chaque année je voudrais remercier cordialement les galeries et les institutions engagées dans la réalisation du Festival Transfotografia: la Galerie Pionova, le Centre d’Art Contemporain « Łaznia », la Galerie Żak et également le Centre Baltique de la Culture ( Nadbałtyckie Centrum Kultury ). Je suis heureux que cette initiative internationale mèle les institutions culturelles publiques et privées de Gdańsk.
Helmut Gernsheim, historien allemand de la photographie, collectionneur et photographe, écrivait: La Photographie est un langage unique compris dans tous les coins du monde et unissant des nations et des cultures. Elle réunit les hommes et les peuples. Peu importe le contexte politique - dans les pays libres - elle reflète la vie et les événements réels en permettant de partager l’espoir et le désespoir des autres, mais aussi de fournir les informations sur les conditions sociales et politiques.

Je vous souhaite, Mesdames et Messieurs, ainsi qu’à moi-même, que l’art présent au Festival Transfotografia soit ce miroir du monde dans lequel chacun trouvera quelque chose d’intéressant et de valeur, peu importe ses origines, ses convictions, en passant au-dessus des divisions et des barrières de communication et de culture.

Le maire de la ville de Gdańsk
Paweł Adamowicz

 



Le programme des expositions qui composent cette édition des Transphotographiques est construit autour de différentes approches du thème de la nature et consacré pour une très large part à la création photographique contemporaine.

La nature, source de bonheur et de bienfaits, motif privilégié des artistes

Sujet d’actualité, au centre des réflexions sur le destin de la planète, la nature n’a cessé au fil du temps d’être domestiquée, si ce n’est maîtrisée par l’homme. Il en reconnaît les bienfaits, quand elle ne fut pas son unique ressource. Dans le domaine de l’art, la nature est aussi l’un des motifs favoris des peintres qui  en ont fréquemment célébré les beautés. Mais le progrès aidant, les transformations de la société, l’industrialisation et l’urbanisation intensive ont modifié peu à peu,  souvent à notre insu, la représentation idéale que nous pouvions avoir de notre environnement naturel. La nature humaine a pris le pas sur la nature en soi, pour aboutir parfois à des pertes irrémédiables. C’est ainsi qu’une seconde nature s’est peu à peu mise en place,  déjouant le mythe de la nature bienfaisante.



Une nature aménagée, défigurée, réinventée

Cette nouvelle nature fait l’objet de nombreux travaux photographiques qui sont autant de points de vue différents. Les uns, fidèles à la vision documentaire, rendent compte des transformations, inventorient ce qui résiste aux interventions humaines, enregistrent l’âme des paysages naturels. Les autres adoptent une attitude critique, dénonçant la pollution, la défiguration des sites naturels, les effets des changements climatiques. D’autres enfin s’attachent à la création d’univers imaginaires dans lesquels la fantaisie se mêle à l’utopie, tout en continuant de sublimer les aspects d’une nature que l’on aimerait immuable. C’est ainsi que d’images en images, de métamorphoses en métamorphoses, la nature nous apparaît  tour à tour aménagée, défigurée, mais aussi réinventée. Tout en restant fidèle à sa vocation première : représenter le réel, la photographie exerce  également sa liberté de contestation, de célébration, de défiance, elle maintient notre regard en éveil. Mais face à la richesse et à la diversité des images qui nous sont proposées, il est aussi  nécessaire de s’interroger sur les différents rôles que joue la photographie dans notre perception de ce que nous appelons la nature. Pascal nous avait averti il y a un peu plus de trois siècles :«  L’habitude est une seconde nature, à moins que la nature ne soit qu’une première habitude » .

Les expositions Transfotografia 2010 de Gdansk sont issues de la programmation des Transphotograhiques 2010 de Lille proposée par Françoise Paviot et Gabriel Bauret

 

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