Jackie Nickerson
10 miles round
Galeria Pionova
01.10 > 20.10.2010 - Vernissage 30.09 à 19h

ul. Olejarna 2 - Gdańsk
pn. - pt. : g. 12 - 18 & sob. g. 11 - 15





Girl in a green dress © Jackie Nickerson


Communautés

Le concept et l’image de la communauté ont été des éléments constants dans le travail de Jackie Nickerson, même si son principal thème de travail actuel reste le portrait individuel, ce qui pourrait sembler contradictoire. La communauté peut être en quelque sorte liée à un choix, comme l’ordre religieux catholique qui apparaît dans la série de photos qui constitue son livre Faith, ou encore favorisée par des raisons économiques, comme pour ces ouvriers qui luttent pour survivre dans la série publiée sous le nom de Farm et qui est basée sur les expériences de manoeuvres agricoles dans plusieurs pays du sud de l’Afrique. Ou elle pourrait, comme dans son nouveau projet Ten Miles Round, être concernée par les problèmes liés à la naissance et à l’éducation. Dans Ten Miles Round, elle explore sa propre communauté à Co Louth sur la côte, une communauté majoritairement paysanne où l’agriculture, la pêche et autres activités dérivées sont les principales occupations. Le plus souvent, la « communauté » au sens qui intéresse Nickerson est tout sauf invisible. Ce qui est le plus familier, est souvent invisible. Notre vision est en quelque sorte court-circuité par la familiarité, pour observer la connaissance des quelques indices que l’on trouve dans le comportement des individus et bien plus efficace qu’un regard attentif. Et notre monde de tous les jours, fait de relations, de rituels, de routine, d’un environnement habituel nous semble alors une seconde nature. On retrouve notre vie de tous les jours à travers l’espace, aussi bien l’espace physique que psychique, celui dans lequel on évolue, dans lequel on aime et déteste, travaille et pense, dans lequel nous nous trouvons, à différents niveaux. Et c’est tout cela qui la fascine. Le travail de Nickerson se décompose en deux thèmes : les individus et les lieux. Pourtant, elle ne sépare pas l’étude des paysages d’un coté et celle des individus de l’autre, ils sont tous deux reliés. Ca dérange, ça vit, c’est souvent boueux et sale, non pas beau au sens traditionnel mais beau tout de même. Si la peinture influence son travail, c’est celle du début de la Renaissance lorsque les artistes cherchaient à comprendre comment dépeindre le monde et ses individus plutôt que de peindre dans un sens plus contemporain du terme, à savoir développer un exercice de style. Au cours d’un entretien avec Vince Aletti, qui figure d’ailleurs dans Faith, Nickerson a du mal à expliquer clairement qu’elle ne décrit pas « un jour dans la vie » d’un photographe, bien qu’elle soit intéressée par la photographie au sens documentaire, par une réponse aux questions « qui sommes-nous et comment vivons nous. » Ce qui importe peut être le plus c’est qu’elle n’a pas d’opinion préconçue. Elle photographie des personnes inconnues, tout comme les relations qu’elles entretiennent avec leur communauté. Il n’y a aucune référence à un quelconque stéréotype social, culturel, ou à une identité préfabriquée. Ce travail est un questionnement, rien n’est scrupuleusement formulé. Il est un moyen de rendre visible ce qui ne l’est pas. Nous pensons savoir qui nous sommes, nous pensons connaître le monde dans lequel nous vivons mais Jackie Nickerson est intimement persuadée qu’ en réalité nous ne savons rien.

A.D.



 

 

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