Marie-Josée ROY
Migrations intérieures
Galeria Zpap
21.10 > 20.11.2011 - Vernissage 21.10 à 19h

ul. Piwna 67/68 - Gdańsk
du lundi au vendredi de 11h à 17h




© Marie-Josée Roy

Dans les régions moins densément peuplées du Québec, atteindre l’âge de la retraite signifie souvent être contraint à l’exode vers les grands centres. C’est le cas pour plusieurs de nos aînés qui habitent les villages de quelques milliers d’habitants tels que l’Îsle Verte, Pohénégamook et St-Eleuthère dans le Bas-Saint-Laurent. Souhaitant vivre de manière autonome le plus longtemps possible, les gens du troisième âge de ces municipalités trouvent de plus en plus refuge à Rivière-du-Loup, où soins de santé et services essentiels sont facilement accessibles.

Située à 200 km à l’est de Québec, la ville de Rivière-du-Loup a su bénéficier de ce contexte et connaît en ce moment un essor bien particulier. Les nombreuses résidences pour personnes âgées, désireuses d’offrir à une partie grandissante de la population le moyen de se défaire de l’isolement, d’occuper un logement plus fonctionnel et de continuer à participer à la vie collective et sociale, font surface. Depuis environ une dizaine d’années, la ville de 17 000 habitants est en plein boom démographique.

Si pour la plupart de ces personnes, la migration se calcule en quelques dizaines de kilomètres, ce choix tardif ne représente pas pour autant une décision facile à prendre. Après une vie passée dans un même lieu géographique, ces hommes et ces femmes âgés, contraints de laisser derrière eux un pan de leur histoire, deviennent des «étrangers» dont la notion d’appartenance est constamment remise en question. À 70 voire 80 ans, le processus d’appropriation du territoire se fait de plus en plus difficilement. Forcés d’accepter que ce qu’ils ont bâti soit maintenant chose du passé; que le matériel accumulé doit être dispersé; les murs aseptisés de leur nouveau chez soi représentent probablement leur dernier réconfort.
L’ampleur de ce phénomène migratoire n’est pas pour le moins anodin. Il porte à se questionner sur le sort de ces nombreuses zones rurales, aujourd’hui désertées. Avec une population active réduite, les possibilités toujours plus faibles d’y trouver un travail, le regain démographique de ce territoire vacant constitue un nouvel enjeu social.

Tantôt agriculteurs, machinistes, bûcherons ou institutrices, les personnes sélectionnées pour le projet Migrations intérieures, tout en se faisant photographier dans leur demeure, ont également consenti à partager une partie de leur parcours personnel, de se révéler. Sans toutefois devenir narratif ou nostalgique, un jeu d’association d’images suggère un imaginaire à la fois poétique et ambigu. Des portraits qui émanent de la rencontre d’inconnus dans un espace privé, leur salon, voisinent des clichés de leurs anciennes contrées, ainsi que des photographies qui relatent un souvenir. Il y a là une tentative de développer un langage photographique intimiste basé sur une trajectoire commune.

MIGRATIONS INTÉRIEURES
Marie-Josée ROY

http://roymaj.com/



 

 

 
 

 

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